333 EM

333 Ecole de Montpellier

Il s’agit d’une variété issue d’un croisement entre Vitis vinifera cv. Cabernet-Sauvignon et Vitis berlandieri.

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Origine génétique

L’origine génétique de la variété est également indiquée lorsqu’elle est connue grâce aux données d’hybrideurs, aux analyses génétiques publiées ou bien obtenues par les équipes INRAE de Montpellier (UMR AGAP) et du CRB-Vigne de Vassal-Montpellier.

Il s’agit d’une variété issue d’un croisement entre Vitis vinifera cv. Cabernet-Sauvignon et Vitis berlandieri.

Nom de la variété en France (et dénomination usuelle)

La variété de porte-greffe est présentée sous l’abréviation ou le nom figurant dans le Catalogue national qui est aussi le plus couramment utilisé dans la pratique de la pépinière viticole et de la viticulture française. Il n’existe pas de synonymie officielle pour les variétés de porte-greffes.

333 EM

Obtenteur \/ sélectionneur et année d'obtention

Le nom de l’obtenteur et/ou du sélectionneur est indiqué ainsi que l’année d’obtention de la variété.

Gustave Foëx, 1883.

Surface estimée du vignoble français greffé avec ce porte-greffe et principales régions d'utilisation

Les chiffres correspondent à des estimations réalisées à partir du cadastre viticole informatisé et de données bibliographiques.

4 000 ha . Champagne, Charentes.

Evolution des surfaces cultivées en France

Les chiffres indiqués proviennent des cadastres viticoles (IVCC, ONIVIT, ONIVINS), des recensements généraux de l’agriculture (SCEES-INSEE), et du casier viticole informatisé (DGDDI).

Année
ha

1945

2

1955

7

1965

15

1975

43

1985

18

1995

12

2005

8

2015

21

Eléments de description ampélographique

Seuls les principaux éléments ampélographiques permettant de caractériser les porte-greffes et de les identifier ont été retenus. Ils sont décrits selon le code de description ampélographique reconnu par l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin (OIV), l’Union de la Protection des Obtentions Végétales (UPOV), l’Office Communautaire des Variétés Végétales (OCVV) et Bioversity International (pour plus d’information, voir le menu « Glossaire ampélographique ». Les photographies de bourgeonnements, de fleurs et de feuilles adultes ont été réalisées en intérieur par l’équipe INRAE du Domaine de Vassal à partir de matériel prélevé dans les collections ampélographiques du Centre de Ressources Biologiques de la Vigne de Vassal-Montpellier. Remarque : l’échelle des photos n’est pas la même pour les 3 organes présentés. Les photographies de bourgeonnement sont réduites (x 0,5 environ), celles des feuilles adultes également (x 0,25 environ) et celles des fleurs sont agrandies (x 4 environ).

L’identification fait appel :
- à l’extrémité du jeune rameau qui est ouverte, avec une pigmentation anthocyanique en liseré et une forte densité des poils couchés,
- aux jeunes feuilles qui sont rougeâtres,
- aux rameaux herbacés avec un contour très côtelé, une section circulaire ou légèrement elliptique et une densité nulle des poils dressés et couchés,
- aux feuilles adultes orbiculaires, entières ou à cinq lobes, avec un limbe bullé et brillant, involuté et tourmenté sur les bords, un sinus pétiolaire en lyre peu ouvert ou légèrement chevauchant, souvent limité par la nervure près du point pétiolaire,
- aux fleurs de sexe mâle,
- aux sarments très côtelés.

Profil génétique

Le profil génétique de la variété est donné pour les 9 marqueurs microsatellites (ou SSR) retenus dans le cadre du programme européen « GrapeGen06 » (http://www1.montpellier.inra.fr/grapegen06 ). Les valeurs absolues de taille d’allèle peuvent varier légèrement d’un laboratoire à l’autre mais les différences relatives entre les deux allèles d’un microsatellite sont stables. Les analyses génétiques ont été réalisées par l’équipe Génétique Vigne de l’INRA de Montpellier (Valérie Laucou) et par le Pôle Matériel Végétal de l’IFV (Delphine Legrand).

Microsatellite VVS2 VVMD5 VVMD7 VVMD27 VRZAG62 VRZAG79 VVMD25 VVMD28 VVMD32

Allele 1

137

217

231

238

194

248

238

235

239

Allele 2

147

229

239

250

220

260

250

235

257

Résistance aux parasites du sol

Le degré de tolérance au phylloxéra radicicole ainsi que la résistance aux nématodes (Meloidogyne hapla, Meloidogyne incognita et Meloidogyne arenaria), à Agrobacterium vitis (bactérie responsable de la maladie des broussins) et à certains champignons du sol est précisé sur la base d’observations ou de données bibliographiques.

Le degré de tolérance du 333 EM au phylloxéra radicicole est moyen à élevé. Il est sensible aux nématodes Meloidogyne incognita et Meloidogyne arenaria.

Aptitudes à la multiplication végétative

La production de bois par les souches de porte-greffe est indiquée (source : enquête ENTAV-ONIVINS auprès de la pépinière viticole, avril 2001). Les informations sur l’aptitude au débouturage, au bouturage et au greffage sont également spécifiées. Des précisions sont données lorsque la variété de porte-greffe nécessite des précautions particulières durant le greffage et la stratification.

La production de bois est très faible (10 000 à 30 000 m/ha) et les conditions climatiques de l’automne doivent être favorables pour obtenir un bon aoûtement des sarments. L’aptitude au bouturage du 333 EM est moyenne. Il présente une bonne aptitude au greffage mais le diamètre important des bois peut être gênant.

Sélection clonale en France

Tous les clones agréés sont indiqués ainsi que les surfaces de vigne-mères de ceux qui sont multipliés. La sélection clonale des porte-greffes est pour l’instant uniquement sanitaire.

En France, les 4 clones agréés de la variété 333 EM portent les numéros 260, 263, 1049 et 1105. Parmi ceux-ci, le clone 263 est multiplié sur 20 ha 53 ares de vignes-mères productrices de matériel certifié, en 2017.

Les données sont issues de : Les chiffres de la pépinière viticole 2017, Données et bilans de FranceAgriMer, mai 2018.

Adaptation au milieu

Ce paragraphe renseigne sur le comportement de la variété de porte-greffe vis-à-vis de la structure, de la texture et de la composition du sol, de la teneur en éléments minéraux ainsi que du pH du sol. Il précise également le comportement du porte-greffe face à l’excès ou au manque d’eau pendant la période végétative. - La chlorose - La chlorose calcaire (ou ferrique) correspond à des problèmes d’assimilation du fer liés à une faible teneur en fer et/ou à une teneur élevée en carbonates. Le calcaire total seul ne donne qu’une idée imparfaite du pouvoir chlorosant du sol. Le calcaire actif correspond au pourcentage de carbonates présents dans la fraction fine du sol (argiles, limons fins). Selon les caractéristiques de la roche mère et son origine géologique, le sol représente un pourcentage variable du calcaire total. L’indice de pouvoir chlorosant (IPC) est un calcul qui prend en compte la teneur en calcaire actif et la teneur du sol en fer facilement extractible.Ces trois valeurs renseignent sur les risques de chlorose et permettent de choisir en conséquence la variété de porte-greffe la mieux adaptée. - La thyllose et le folletage Ces phénomènes de flétrissement du feuillage sont liés à des difficultés de circulation de l’eau dans la plante lorsque l’évapotranspiration est importante (vent sec succédant à une forte précipitation en période estivale), alors que l’absorption au niveau des racines est limitante. Dans ce cas, la forte tension qui existe au niveau des vaisseaux entraîne la formation de bulles d’air (cavitation) et de thylles (invagination de la membrane des cellules voisines dans les vaisseaux), ce qui provoque un ralentissement de la circulation de sève et un stress hydrique au niveau du feuillage.

Le 333 EM se caractérise par sa très bonne adaptation aux sols calcaires et sa résistance à la chlorose. Il résiste en effet jusqu’à 60% de calcaire total, 40% de calcaire actif et à un IPC de 70. Ce porte-greffe se montre également très bien adapté à la sécheresse et aux excès temporaires d’humidité au printemps. En revanche, il est sensible aux chlorures. Le 333 EM est bien adapté aux sols peu profonds, secs et calcaires.

Interaction avec le greffon et objectifs de production

Le porte-greffe peut interagir avec les caractéristiques du greffon relatives à la précocité du cycle végétatif, à la croissance et au développement des rameaux mais également aux composantes du rendement (fertilité et taille des baies). Dans certains cas, les risques d’incompatibilité ou de mauvaise affinité de la variété de porte-greffe avec une variété greffon sont précisés.

La vigueur conférée par le 333 EM aux greffons est forte et permet d’obtenir des rendements assez élevés. Cependant, il peut parfois favoriser les phénomènes de coulure. Le premier développement des plants est assez lent avec ce porte-greffe. En conditions peu fertiles ou limitantes, le 333 EM permet d’obtenir des produits de bonne qualité.

Références bibliographiques

Le porte-greffe peut interagir avec les caractéristiques du greffon relatives à la précocité du cycle végétatif, à la croissance et au développement des rameaux mais également aux composantes du rendement (fertilité et taille des baies). Dans certains cas, les risques d’incompatibilité ou de mauvaise affinité de la variété de porte-greffe avec une variété greffon sont précisés.

- Catalogue des variétés et clones de vigne cultivés en France. Collectif, 2007, Ed. IFV, Le Grau-du-Roi, France.
- Fonds documentaire du Centre de Ressources Biologiques de la Vigne de Vassal-Montpellier, INRAE - Montpellier SupAgro, Marseillan, France.
- Cépages et vignobles de France, tome 1. P. Galet, 1988, Ed. Dehan, Montpellier, France.